Retour d experience d escalade sur glace par l athlete Will Gadd Black Diamond

Retour d experience d escalade sur glace par l athlete Will Gadd Black Diamond

L’athlète BD Will Gadd a remporté des coupes du monde d’escalade sur glace et réalisé l’ascension des cascades de glace les plus extrêmes de la planète. Il est depuis 25 ans à l’avant-garde du matériel d’escalade dédié à la glace. Au-delà de ses compétences hors du commun, Will fait également preuve d’une très grande conscience professionnelle et entretient une relation étroite avec les ingénieurs produits de Black Diamond. Depuis près de trente ans, Will Gadd n’a cessé de tester le matériel  Black Diamond et a ainsi contribué à inventer l’avenir de l’escalade sur glace.

WILL GADD NOUS RACONTE SON EXPERIENCE EN TANT QUE TESTEUR DE PRODUIT  BLACK DIAMOND

J’ai gagné les X Games il y a plus au moins vingt ans avec des prototypes de piolets BD Cobras. Pour l’époque, ils avaient un look radical et un galbe atypique. A cette période la tendance était plutôt classique. Ils étaient en carbon, une matière qui coûtait une fortune, mais qui était très sexy. On avait l’impression que ces engins étaient propulsés dans nos mains et venaient d’un monde futuriste tout droit tombés d’un jet militaire top secret. Tout le monde était persuadé que les têtes casseraient car elles étaient collées. Coller du carbon sur de l’acier ne pouvait pas fonctionner, n’est-ce pas? J’ai encore ces engins. Ensemble nous avons grimpé des milliers de longueurs en glace, que ce soit dans les fjords de la Norvège ou dans les grands espaces du Canada, nous avons gagné la Coupe du Monde de glace en 2000, nous avons frappé des pitons dans des voies alpines et nos relations ont été plus durable que certains de mes couples ou de mes voitures. Coup après coup dans la glace, la terre, le rocher et même le bois (je ne rigole pas, un soir j’ai même fendu du bois pour faire un feu dans la voie Ghost) ils ont survécu. La colle a tenu bon, comme j’en étais persuadé.

Photo: Christian Pondella

J’étais convaincu que la colle tiendrait car j’avais assisté à un test effectué par Chris Harmston, le responsable qualité chez Black Diamond à cette période. Il a pris le Cobra et s’est attaqué à une bordure de trottoir en béton qu’il a réussi à exploser. C’était une forme de test de produit avec une violence semblable à un meurtre prémédité. Il y avait des morceaux de béton qui jaillissaient de partout, des bouts de carbon qui sautaient, un désir de détruire l’engin rayonnait dans les yeux de chacun, mais, même quand le corps de l’engin pendulait avec des fils de carbon éparpillés dans le vent froid, la tête est restée collée à l’acier. Depuis ce temps-là, la façon dont le département de qualité effectue ses tests s’est sophistiquée et le laboratoire a bien progressé, mais l’esprit reste toujours le même. Il s’agit de sursolliciter le matériel pour qu’il survive au combat, aux conditions extrêmes sur le terrain et non seulement en laboratoire et aussi d’impliquer les designers et les athlètes en tant que pilotes d’essai.

Depuis plus de 25 ans, je teste et participe au développement de produits Black Diamond. Quand j’étais enfant, mes parents m’offraient un nouveau jouet tel qu’un camion et je ne pouvais pas m’empêcher de pousser ses limites en le faisant sauter jusqu’au point de le casser. Et bien sûr, j’éprouvais une grande tristesse. Chez Black Diamond mon travail consiste non seulement d’encourager le développement de produits novateurs mais aussi de tester le matériel et de le pousser au bout, jusqu’à sa rupture. J’ai toujours pris plaisir à faire ceci même s’il y a eu des moments où j’ai été surpris. Je me souviens d’une fois dans le New Hampshire où j’avais presque fini un enchaînement en solo qui reliait Black Dike, Lake Willoughby, Cathedral et Frankenstein en plus de Cannon. Tout allait bien, je prenais plaisir avec le prototype de crampons, appelons-les ‘Tuna’. Ils étaient impeccables, très légers et efficaces, comme un couteau sous le pied.

Brusquement, les pointes avant sur l’un des crampons n’accrochaient plus. D’un coup, mon pied a glissé et j’ai pensé avoir fait une erreur d’appui. Je l’ai replacé mais rebelotte. J’ai regardé les pointes et elles me paraissaient normales, mais quand j’ai à nouveau frappé la glace, elles ne rentraient pas. Apparemment les pièces en plastiques que je testais avaient cassés et à chaque fois que je frappais le pied, les pointes se déformaient. Ceci était très rassurant, sachant que j’étais en solo à plus de 400 pieds (environ 120m) du sol.  Les crampons avaient tenu sans problème pour 49 des 50 longueurs que je venais de grimper. Le retour test que j’ai fais sur cette expérience était tellement colérique que  Black Diamond aurait pu stopper notre collaboration lié au manque de délicatesse que j’ai eu dans mes propos. L’équipe a compris ma colère. Depuis mon premier jour et pendant les 25 ans d’échange que j’ai eu avec l’équipe des concepteurs, grimpeurs de  Black Diamond ils ont toujours compris que faire de l’escalade n’est pas la même chose que jouer au golf, même si les deux sports utilisent des engins en carbon.

L’escalade n’est pas juste un sport, ni un style de vie. Quand je dis “Je suis un grimpeur” il s’agit d’une définition de qui je suis, de ma liberté à me déplacer dans un milieu vertical, d’un engagement envers quelque chose qui a de l’importance, du sens, du vrai, du difficile, du sang et même du désespoir, et surtout de l’immense joie qui m’envahit quand je continue à monter, quand abandonner serait plus simple. Je ne suis pas un conservateur de matériel, mais la relation entre un grimpeur et ses engins est sacrée. Je garde ces Cobras en souvenir pour me rappeler par où nous sommes passés –remémorer les pitons que j’ai frappé, les voies que j’ai maudites à la montée et à la descente, les voies qui m’ont demandé le meilleur et le pire de moi-même et de mes compagnons de cordée, les compétitions gagnées et perdues, les amis d’aujourd’hui et d’autrefois.

Il m’arrive encore aujourd’hui d’écrire des emails à l’équipe d’ingénieurs Black Diamond pour les féliciter pour leurs innovations. Le nouveau responsable produit escalade, Kolin Powick, est un bon copain et un grimpeur de longue date. Il me répond “Je suis nul”. Il ne dit pas cela parce qu’il se croit vraiment nul, mais parce qu’il a compris ce que je veux, et que tout le monde veut le matériel du future, tout de suite. Aujourd’hui, plus que jamais, je m’aperçois que Black Diamond a toute une panoplie de prototypes de matériel d’escalade futuristes et innovants dans leurs tiroirs. Vous allez adorer ce qui arrive sur le marché dans les années à suivre. Il y a des pièces vraiment incroyables d’un point de vue ingénierie dont certain que je n’ai pas réussi à pousser à bout. Je compte bien continuer mes essais cet hiver, lors de voyages prévus en Chine et au Groenland à la recherche de nouvelles lignes et de nouvelles idées de matériel. Je continue à enchaîner les tests et à vivre mon rêve, car dire que ces derniers 30 ans sont autre chose qu’un rêve serait un leurre. J’ai de la chance et j’en suis pleinement conscient. J’apprécie tout ce que j’ai. Qu’il s’agit de gagner des compétitions d’escalade ou de perdre des proches, le chemin de ma vie a été rempli d’aventure. Un grand merci à Black Diamond, car grâce à eux le matériel et les rêves sont devenus une réalité. Alors, maintenant, il nous reste plus que les broches à glace en carbon….

Will Gadd, September 18, 2017



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